Ranger l’intérieur de sa tête #2

Dans ma (longue) (et dure) quête de l’outil de PKM intégré parfait, il y a /a eu Evernote (je suis en transition vers OneNote) (enfin, peut être) (enfin, c’est tôt pour dire) (mais saisir sur deux applis, c’est relou, je vais devoir trancher) (chérie) (putain, j’ai vraiment qu’une seule référence cinématographique).

Pour rappel, j’avais donc besoin :

  • En termes d’acquisition de données : d’un logiciel qui permette de prendre au vol des notes. Des photos, des cartes de visites, des gribouillages, à partir du smartphone, généralement. Qui me permettent également au moment où je surfe sur un site, de garder trace de ce qui m’intéresse.
  • En termes de recherche et de restitution : que la recherche soit simple et efficace. Que le logiciel soit capable de reconnaître du texte écrit.
  • En termes de fonctions attendues : gestion des tâches avec rappel sms ou sonore, planification, gestion de contacts, archive des informations et de toute type de donnée (texte écrit, texte tapé, pdf, images, vidéos, liens, sites webs, fichiers audio)

Rapide revue

Evernote est un logiciel gratuit, qui s’installe sur mac, windows ou android, et qui a également une version web. Tout ce petit monde se synchronise, plutôt bien.

Je ne suis pas archi fan de l’interface, j’aime quand c’est déjà ordonné visuellement. Ici c’est l’interface web, elle  est moins personnalisable que l’interface du logiciel natif. Le logiciel est extrêmement simple, et c’est aussi ce qui fait sa force, c’est la puissance du moteur de recherche, et la configuration donnée par l’utilisateur qui vont en faire un outil totalement adapté à chacun.

Tout à gauche, les fonctions de base : ajouter une nouvelle note, créer une note de réunion (synchronisé avec google calendar), rechercher, chatter (les carnets sont partageables, ou non. Une version payante d’Evernote permet même de dissocier les notes persos des notes pros), favoris, notes, carnets de notes, étiquettes. La colonne suivante montre les notes par ordre chronologique inverse. Et l’espace central est la note proprement dite.

Acquisition

En terme d’entrées, il est complet et très performant : on peut jouter des plug-ins aux navigateurs pour saisir un lien, un article, une page directement pendant la navigation. On peut déjà lui attribuer à ce moment différents tags ou ranger directement cette note, ou pas.

D’autres petits plug ins pour android permettent en une seule touche de l’écran d’avoir accès à la saisie manuscrite, ou tapée, ou de faire un enregistrement audio, ou de prendre en photo une carte de visite (automatiquement détectée comme telle, et dont les informations sont transformées en texte trouvable ensuite par l’outil de recherche).

Evernote pour android a sa propre appli appareil photo, qui permet de sélectionner directement les zones de texte intéressantes et de prétraiter l’image qui sera directement rangée en tant que note dans evernote.

Vraiment, rien à redire niveau facilité et ergonomie d’acquisition.

Gestion des tâches

L’outil me va très bien en gestion des tâches. Je planifie de manière hebdo, avec des petites case à cocher (j’aime la case à cocher), et en dessous, sur la même note, je mets mes objectifs du mois. D’une semaine sur l’autre, je ne change que le n° de la semaine, et les tâches non récurrentes, évidemment (les notes sont duplicables et modifiables très simplement). Je peux adjoindre un rappel à cette note.

Cette note des tâches est dans mes favoris, j’y ai donc un accès immédiat.

Gestion des informations.

Bon, là, j’ai un peu tâtonné. Comme je disais j’aime assez voir l’arborescence, qui me permet une vision globale de mes projets en cours, de rester focus sur les grandes lignes directrices, et Evernote n’est pas un outil vraiment fait pour gérer de l’arborescence, c’est un outil fait pour gérer des tags. Du coup, il ne va pas très bien aux papillonnants comme moi, parce qu’une info, même bien taguée, peut vite se perdre dans la multitude (on a pas forcément le réflexe de chercher.. ce qu’on a oublié!)

Du coup je me suis fait des carnets, et des compilations de carnet. Là, chacun fait à sa sauce, mais je conseille fortement le carnet « INBOX », dans lequel on jette tout ce qu’on a pas le temps de ranger.

Ce qui suppose, évidemment, une revue régulière par la suite, hemhem… (Vous notez que mon carnet INBOX est vide, donc rangé, bravo moi :D)

Et ensuite vient vraiment l’outil clé d’Evernote : l’étiquette, le tag. Ca vaut le coup de bien poser son mode de fonctionnement, et de revenir régulièrement dessus pour affiner ce qui sert, ce qui ne sert pas..

Voici des exemples de mes différentes étiquettes. Certaines font doublon ou sont en incohérence  avec mon rangement en carnet de notes. Comme elles se rangent par ordre alphabétique, je leur ai accolé un symbole en entrée, ce qui permet de les ranger et de les visualiser (j’ai dit, j’ai besoin). Je me sers peu, au final, des étiquettes temporelles, qu’il s’agisse d’assigner une deadline, ou une durée aux tâches. Mon semainier de gestion des tâches me suffit.

Les tags qui me servent le plus sont mes tags thématiques, mes tags type de données, et mes tags actions associées.

Réflexivité.

Pendant ces périodes à venir, de développement de projet professionnel et de réflexion sur mes pratiques, c’est une fonction qui me devient de plus en plus nécessaire. Et si Evernote permet de modifier rapidement ses notes, il ne permet pas de trouver une chronologie, d’annoter facilement l’intérieur de ses propres notes, ni de les positionner dans une page pour avoir une vision hum… visuelle, vraiment en mode page de carnet sur lequel on gribouille, on revient et on fluote.

En conclusion, je dirais que c’était jusqu’à il y a peu le seul outil dont j’ai réellement réussi à me servir efficacement, et plus de 2 semaines. C’est vraiment sa simplicité et sa fonctionnalité qu i ont fait que. Mais!!! je teste actuellement OneNote (également gratuit), et … même si c’est microsoft (bouuuuh), pour le moment, ça me donne carrément envie de migrer dessus.

J’ai encore trop peu de recul pour être péremptoire, alors rendez vous après quelques mois de test !

Pour aller plus loin… ou ailleurs

J’ai pris une option qui traite des technologies du numérique et leurs impacts cognitifs,  je vous partage deux vidéos sur lesquelles j’ai travaillé, fort intéressantes, notamment par l’angle choisi :

Ranger l’intérieur de sa tête #1

Je suis curieuse de tout. Je saute d’un sujet à un autre, et passe un bon 50% de ma vie à me  dire : « oh, et si je faisais ça » ? Une autre partie étant composée de « oh mais c’est génial comme idée ». Les chafouins pourraient dire que je papillonne, moi je me vois comme transdisciplinaire qui fait des ponts, ce qui est tout de même vachement plus classe et valorisant pour mon image de moi-même.

Autre point de base important : j’écris comme un médecin bourré.

Alors j’ai beau avoir une bonne mémoire, quand en 24h, il faut que tu te colles dans le crâne 12 références de publis à lire, une idée pour le cours de danse, 2 rendez vous toubibs pour les nains, une idée de jeu avec les enfants, en plus de tes cours, ton taf, la liste des courses, et 2-3 personnes à contacter, y’a un moment, fatalement, y’a de la perte d’infos.

Alors j’ai des petits carnets. Mais j’en ai beaucoup, pas toujours rangés. Du coup j’ai aussi 20 post it volants en permanence dans mon sac. Et puis en vertu du point 2/ suscité, quand par miracle je trouve le post it sur lequel j’ai écrit ce nom… j’arrive pas à me relire. Autant te dire que dans ma quête d’efficacité, la gestion et le rangement de mes infos personnelles, c’est LE point numéro un.

Post it du moment : une chorégraphie, des stats de population sur le territoire; un travail à rendre pour un des cours de L2,

Point « post it du moment » (de mon sac.. y’en a autant sur mon bureau) : une chorégraphie, des stats de population sur le territoire; un travail à rendre pour un des cours de L2, des listes de gens, des objectifs.

 

J’ai découvert que ça porte un nom savant, (anglais, parce que quand c’est de la méthodo, ça sonne mieux en anglais, me demande pas pourquoi) : le PKM, Personal Knowledge Management. J’ai découvert qu’on écrit même des bouquins dessus. Mais je n’ai pas encore découvert d’outil magique. Enfin j’arrive à faire avec quelques uns, les plus intégrés possibles (mais ils sont pas très forts pour intégrer les applis entre elles les développeurs…)

Petit 1, la base : se débarrasser de l’immédiat qui encombre.

A 14 ans, je faisais des croix sur mes mains pour pas oublier. A 15 ans, je faisais une croix, et j’écrivais à côté ce que je ne devais pas oublier (ce qui est complètement con, on est d’accord, la croix, ne servant plus à rien. Enfin si, si le texte s’efface, et à 15 ans, le texte s’efface). A 20 ans, je collais des post-it sur ma porte d’entrée. Je me suis déjà trompée de date pour aller à un mariage à 1000 bornes de chez moi. J’ai déjà oublié d’aller chercher mes enfants à l’école. (Oooh, ça va, hein,  que celui qui ne se met pas en mode automatique dès qu’il entre dans sa voiture me jette la première pierre)

Donc déjà, les téléphones portables avec des alertes (une prothèse mnésique dirons nous, parce qu’on est étudiante en psycho), ce fut un premier petit miracle, m’évitant sueurs, pertes de temps, et mantra familial : « si t’as pas de tête, faut avoir des jambes ».

capture-4Donc l’alerte. C’est mon outil niveau 1, quotidien. Je pense à un truc important, je mets l’alerte. Pouf. Ici, notamment, mon alerte pour penser le Vendredi soir à aller chercher mon panier AMAP au taf avant de rentrer à la maison. Et je fais bien parce que TOUS Les Vendredis soirs, j’oublie.

Le niveau 2, c’est le calendrier. Google calendar, parce que c’est celui que tout le monde a, et qui se synchronise avec à peu près tous les applis calendrier des portables de la famille. Je consulte peu les calendriers. Je pense qu’il y a une partie de moi qui vomit de voir sa vie planifiée heure par heure et qui fait un vague rejet (enfin une autre partie de moi est Monica Geller et adore mettre des codes couleur, faut pas chercher). Donc le calendrier, il sert surtout à la synchro avec les « AutresParents » (2 de nos 3 enfants ne sont pas chez nous à temps plein…), et à placer les soirées avec les potes pour que ça ne se chevauche pas et qu’on garde des WE pour DORMIR. Et si y’a un truc important (genre le rendez vous chez un spécialiste pris 8 mois avant), je mets une alerte. Je ne mets pas mon planning de révisions dessus, par exemple, parce que je trouve que je n’ai pas de visibilité sur l’année.

Petit 2 : voir loin… mais voir près

C’est un début, mais déjà je n’oublie plus les rendez vous, ni les événements importants, et surtout, je ne m’en encombre pas. En revanche, tout cela ne m’aide guère à la planification. Et la planification, le déclinage du long terme/moyen terme/court terme, j’en ai besoin.

Pour deux raisons : quand on a tendance au papillonnage, on est vite happé par un intérêt soudain, archi chronophage. Il n’est pas question en ce qui me concerne d’y résister, mais de ne pas noyer/oublier l’essentiel, mes objectifs prioritaires (genre partir de ce job pas intéressant pour augmenter toujours ma part d’activités intéressantes. Je l’ai déjà dit, peut être? Sans mettre moi & family dans la mouise financièrement. Grosse et unique contrainte.).

La seconde raison est que si je fourmille d’idées et de projets, j’ai toujours plus de mal avec le côté concrétisation. Notamment parce qu’il implique des choix, et je choisis, je meurs. Et puis, parce que faire me botte toujours moins que penser. Faire c’est la partie par laquelle faut bien passer pour arriver à ses buts, (sauf si on sait déléguer, mais je ne sais pas). Donc découper ma vision à 6 mois un an, en petits pas pour y arriver, et placer ses petits pas en objectifs mensuels, puis les redécouper en actions hebdos.

Et là c’est pas tant l’outil, que la démarche qui est importante. C’est pas très long, mais il faut se poser. Prendre 5 min pour poser ses objectifs principaux. Ça va vite en général, si on a UN gros truc qui nous emmerde/fait envie dans la vie, le truc qu’on voudrait changer si on croisait par hasard le génie de la lampe. Moi c’est « me barrer de ce taf et profiter plus de la vie».

En général, ce(s) but(s) implique un certain nombre d’autres sous objectifs en cascade, en ce qui me concerne, il y a définir une activité secondaire vers laquelle je pourrais glisser, d’abord 1/5è du temps, (et donc passer à 80%, et donc me désendetter pour pouvoir le faire, et donc finir la maison pour la vendre, etc etc) poursuivre cette reprise d’études, me construire une planche de SUP, etc etc. On pose des jalons en face « rentrée 2017-2018 »,  Janvier 2018, etc

Ces mêmes objectifs nous imposent d’autres objectifs, eux-mêmes découpables en actions.

Ensuite dans l’outil de notre choix, on pose nos actions hebdos. Et un moment dans la semaine, le Dimanche soir, le Lundi matin, ou le Vendredi soir, ça s’y prête bien je trouve, on se pose pour passer en revue. De toute façon, on le fait spontanément. Mais plutôt que ça nous saute à la gueule, en mode panique, le Dimanche soir : « aaaaah, faut que je fasse ça !! », on fait ça tranquillou, en conscience, avec la vision à long terme en tête qui sous-tient tout ça.

J’ai testé des logiciels de tâches (RememberTheMilk, tâches Zimbra, tâches du google calendar). Trop chiants. Je ne m’y astreins jamais, il y a trop d’input à saisir, une tâche, une date de début de fin, l’affecter à quelquechose, pas de vision globale, des % d’avancement à saisir (AH, AH, AH). Exit les logiciels de tâches.

Le bullet journal. AH, AH, AH bis.

  • Au bout de 5 min de coloriage-qui-zénifie, j’ai envie de tuer quelqu’un.
  • J’écris donc comme un petit caca, je le rappelle.
  • Et jamais je ne retrouve quelquechose là dedans, c’est pas assez souple, c’est pas assez trié. Si je dis (même très fort) : « c’est quoi la boîte qui fait de l’inox en finistère sud, déjà ? » au bullet journal, il va pas me répondre, ce con
  • Comment je le dégaine en pleine rue si je pense à un truc ? (et puis après faut trouver le stylo au fond du sac…).

Bref, bullet journal, même pas envisagé.

Cahier/carnet du moment. J'ai même envie d'essayer de me relire.

Cahier/carnet du moment. J’ai même pas envie d’essayer de me relire.

Le salut est venu de ma recherche d’un outil de gestion d’infos, qui est également devenu mon calendrier/gestionnaire de tâches : EVERNOTE. Et je t’en parle dans un prochain billet, parce que sinon, ça va faire trop long !

Ce que je vais dire à mes enfants, ce soir.

Hier soir, on est rentrés à l’heure du feu d’artifice. Chafouins, tous, parce qu’on ne l’avait pas vu : la moitié de la famille voulait rentrer dormir, l’autre non, on s’est pris le chou, ceux qui voulaient dormir ont gagné. Alors l’autre moitié l’a regardé sur internet en « live facebook » avant d’aller au lit, mais comme j’étais encore en colère (…je faisais partie des pro-feu d’artifice, un 14 Juillet sans feu d’artifice? WTF?), je n’avais pas envie de dormir, et j’ai surfé un peu.  Ouh mais quelle bonne idée pour finir la journée en beauté! La dernière chose que j’ai lue avant d’aller au lit, c’est ce camion et les morts à Nice.

Aujourd’hui, j’étais la seule à travailler, et tout le monde dormait encore dans la maison, légers de ce qu’ils n’avaient pas encore appris, quand je suis partie ce matin.

Je sais que ce soir en rentrant, il est probable que mes gosses auront à un moment entendu les nouvelles. J’espère de tout coeur qu’ils n’ont pas mis autre chose que les dessins animés en se levant ce matin, en mode on se met devant la télé-en-attendant-que-les-parents-se-lèvent, et qu’ils n’ont pas eu à voir les images que les media ne se gênent pas pour diffuser en boucle aux heures de grande écoute (alors que le moindre nichon ou bisou doit passer au CSA, bref c’est un autre sujet, ça va déjà être long, alors si je commence à digresser…).

Alors j’ai eu toute la journée pour penser à ce que je vais leur dire, ce soir. Au 14 ans, au 10 ans, et au 5 ans.

Bon, déjà, soyons clairs, si miraculeusement ils n’en ont pas entendu parler, je ne vais sûrement pas le leur apprendre. Ils n’ont pas école, pas de copains pour fantasmer de concert. Mon super discours tout préparé ne servira pas cette fois ci et c’est tant mieux. Leur cerveau n’est pas suffisamment mature pour appréhender et traiter correctement ces informations. Déjà, nous, on se galère bien avec…

S’ils ont entendu, on va en parler. Parce que là en revanche, c’est un peu « maintenant que le mal est fait, qu’ils ont peur, qu’ils trouvent que ce monde est fou et peuplé de fous dangereux, qu’ils ne se sentent pas en sécurité, limitons la casse ». Je précise que ce que j’ai imaginé leur dire va sortir de mes tripes et de mes convictions, pas de mes cours, cela n’a aucune valeur de type « Et maintenant, madame la professeure Duschmoll vous conseille quoi faire ». (D’ailleurs, à ma connaissance nous n’avons pas eu de cours intitulé « traitement du choc post traumatique chez des enfants dans les pays touchés par les attentats » pour le moment.) C’est donc un simple partage d’expérience, de mère.

Alors je leur dirai.

Je leur dirai que oui, dans ce monde, des hommes tuent d’autres hommes. Qu’il arrive des trucs hyper moches. Tous les jours, et partout dans le monde. Plutôt ailleurs que chez nous, d’ailleurs, en général. Mais ça arrive, c’est vrai.

Je leur dirai que ça arrive à peu près comme ça, et je leur dessinerai un truc comme ça  (note mon talent de dessinatrice, un post it a-t-il jamais été une oeuvre d’art pareille??? Je vais le léguer à mes enfants, qui pourront le vendre très cher dans une galerie d’art à ma mort, ça s’intitulera « Juillettiste en gribouillis ». )

noirceur

J’ai essayé de la faire plus moche mais je voyais pas comment faire de la mocheté supplémentaire… une incrustation de Nadine Morano?

En fait, c’est une touuute petite partie du monde et des gens. A côté de ces trucs horribles, tous les jours, il se passe des tas de trucs hyper cools, des gens s’entraident, s’aiment, font des bébés, aident des gens dans le besoin, des réfugiés, soignent, inventent des procédés pour nettoyer les océans, sauvent des éléphants ou des bébés pandas (ou des outardes à tête noire… j’ai un fils futur ornithologue spécialisé dans les espèces en voie de disparition) , et font tout ce qu’ils peuvent avec tout leur coeur pour faire un monde meilleur pour eux et pour leurs enfants. Et il se passe aussi plein de trucs normaux de la vraie vie de tous les jours. Et peut être, par exemple, la répartition, c’est plutôt ça.

coolitude

Et je peux le démontrer, que les trucs cools sont plus nombreux que les trucs pas cools, que la balance de « mais où va le monde? (et les gens dessus) » va vers le côté lumineux de la Force et pas vers le côté obscur.

En raisonnant à l’échelle des civilisations humaines, il n’y jamais eu aussi peu de violence dans le monde. De moins en moins d’hommes décident de tuer des hommes. On meurt 20 fois plus du tabagisme que des conflits armés (budget défense 2016 39 milliards d’euros, budget sécurités 18 milliards, budget de la santé 1.2 milliard, hum hum je dis ça, je dis rien). On meurt 4 fois plus des accidents de la route que des conflits armés. Un lien qui détaille tout ça vachement mieux que moi ici.

Et là, je sais pas chez vous, mais les miens, ils vont me demander : « mais alors, pourquoi on a l’impression, nous, que l’horreur elle prend toute la place? »

Pour deux raisons. La première, c’est que notre cerveau est boutiqué pour la survie. Donc pour apprendre de ses erreurs potentiellement fatales, on est OK. Donc pour mémoriser PRIORITAIREMENT ce qui est le plus dangereux/ce qui fait le plus flipper/le caca. Le but étant d’ensuite ensuite d’allumer 5000 warnings à la moindre alerte, bref te filer les foins, les chocottes, les foies, la frousse, les jetons, le trouillomètre à zéro. De la bonne peur de base, pour faire de toi une chochotte, n’ayons pas peur des mots, pour que tu ne refasses pas de connerie similaire et puisses te reproduire et assurer la survie de l’espèce convenablement (peut être que j’irai pas autant dans les détails avec les enfants, c’est OK). Sauf qu’au XXIè siècle, les réflexes archaïques de survie de base qui te conditionnent à retenir le négatif, ça peut créer autant de problématiques que ça en résout. Genre. T’as jamais remarqué, tu passes ton entretien avec ton supérieur, il te fait une liste dithyrambique de tout ce qui est exceptionnel chez toi, et ajoute UN minuscule « point de progression », tu retiens quoi? CQFD. Bref, notre cerveau retient le caca, pas la réalité.

La seconde, c’est que nous ne sommes pas en prise directe avec la totalité de la réalité du monde, sauf si tu es Dieu et omnipotent/présent (et si t’es Dieu, sans dec’ t’as autre chose à foutre que lire mon blog, je te ferai dire). On ne sait pas tout sur tout, on ne prend en compte que ce qui arrive à notre système perceptif. Et les informations sur le monde (j’entends, le monde loin de nous) nous arrivent par des canaux bien précis, des prismes, des filtres. (EN PLUS de celui de notre perception et analyse qui a déjà bien éliminé tout ce qui était sympa, dis donc). La télé, internet, les journaux, les radios. Ils mettent en une ce qui fait vendre, ils mettent en une les événements marquants, ils mettent en une ce qui se passe près de chez les gens qui achètent leurs journaux (parce que c’est souvent ça qui les intéressent…). La violence est aujourd’hui publique. La générosité, moins. Alors au final, après la moulinette des média, les informations sont vraiment sélectionnées… 80 morts, ça se met plus en une que 80 vies de sauvées grâce à une action humanitaire. Une coupe d’Europe au JT de 20h, en France, bin du coup ça fait plus de temps d’antenne que des attentats à Bagdad. C’est pas « bien » ou « mal », c’est comme ça, il n’est pas question de juger, il est juste question de prendre la mesure. Des images d’un attentat qui passent en boucle toute la journée à la télé, si on les regarde, eh bien, on a la tête prise à 100% par cet événement. Anxiogène à mort. Alors que des tas et des tas d’autres choses se passent dans le monde.

Donc le filtre souvent-à-caca des media + le filtre à caca de notre cerveau = la noirceur qui occupe tout, alors qu’elle n’est pas tout.

Après cette super démonstration, peut venir le « bon, et on fait quoi maintenant, pour aider le monde à pas basculer vers le côté obscur? » (je l’attends plutôt du grand, parce que bizarrement c’est un truc d’adulte, de se sentir impuissant face à la misère du monde…)

Du coup, c’est la partie où on peut à foison utiliser leurs jeunes cerveaux bouillonnants, c’est en général pas les idées qui manquent.

Ceci dit, j’aime bien essayer de leur transmettre celle-ci-dessous, parce qu’autant bénévolat, don, « je veux être médecin » ou « avocat international », ça vient assez vite, autant celle-là, je l’attends pas forcément :

  • la chose la plus puissante et la plus importante qu’ils puissent faire pour le monde, c’est se changer eux, c’est nourrir leur bon loup. (Quoi? Tu ne connais pas la légende?) Et apprendre à leurs enfants à nourrir leurs propres bons loups. Rester fidèles à leurs valeurs, encourager le partage, la bienveillance, la tolérance, l’ouverture, accepter leurs colères, leurs peurs, se dire et écouter. Ne pas nourrir les rancoeurs et les émotions négatives. Nourrir le bon loup. En fait, quand je me relis, vu comment ils sont fans de star wars, pas trop la peine que je me casse la nénette avec les indiens, je peux continuer sur le côté obscur je crois, Star Wars, modèle éducatif. (« ne cède pas à ta colère, jeune Luke! »).

Voilà. Ça c’est le plan.

Maintenant, la règle numéro un avec les enfants, c’est qu’il y a pas de règle, et que t’as beau tout préparer, c’est quand même l’inattendu qui prime. Le titre de ce billet devrait plus être  « ce que je vais dire ce soir à mes enfants… ou pas » :). Donc je reviens demain, et je te dis quoi. (Quoi?)

PS : Je (re)rappelle, avant une éventuelle démonstration que si, si, la misère du monde est miséreuse, que c’est l’écrit d’un discours oral que je vais tenir à mes enfants pour les rassurer et les faire relativiser et seulement SI NECESSAIRE, et non pas un quelconque essai d’analyse économico-scientifique asséné de manière perpendiculaire et péremptoire (en revanche les liens partagés sont very interesting, n’hésitez pas à les parcourir!).

PPS : Et voici un dernier lien posté sur la page FB il y a peu, qui n’a pas vraiment sa place dans le discours aux enfants, mais qui soulève des questions intéressantes sur nos émotions lors des attentats, nos actions et leur utilité réelle ou supposée.

 

Inscription à l’IED Paris 8 – Round 2

Vendredi 8 Juillet. 8h.

C’est aujourd’hui, à partir de 18h, que les inscriptions pour la L2 Psycho à paris 8 sont ouvertes. Je tente, au cas où ils auraient été suffisamment vicieux dans leurs méthodes de sélection et aient ouvert les inscriptions à 8h. Pas encore ouvert.

Vendredi 8 Juillet. 12h.

Je retente. Pas encore ouvert.

Vendredi 8 Juillet. 15h.

Je retente. Pas encore ouvert.

Vendredi 8 Juillet. 15h10, etc.

Je retente. Pas encore ouvert. Je sais que ça fait un peu hystérique, mais chat échaudé craint l’eau froide.

Vendredi 8 Juillet. 18h05.

Je rentre du taf essouflée, je me mets devant l’ordi. Mon Wi-Fi plante. Je relance ma box. Mon Wi-Fi marche. Les inscriptions sont ouvertes. Je remplis les (nombreuses) pages de renseignement. Je vais pour valider. Coupure de courant dans la maison. Je rallume l’ordinateur. Je re-saisis. Je fais les manips à la con qui durent 15 minutes pour payer avec un numéro virtuel de carte bancaire, puisqu’il faut payer immédiatement (alors même que tu ne sais pas si tu es inscrit), avec re saisie d’un code secret envoyé sur mon portable.  Je vais chercher mon portable que j’ai oublié dans la voiture. Le code secret a expiré, je refais a manip de paiement. J’ai réussi à me pré-inscrire.

Il y a juste deux pages A4 de documents à renvoyer, y compris une demande de transfert entre Paris et Rennes.

Samedi 9 Juillet. 12h.

Je mets un petit message sur le forum des cours à distance de Rennes pour dire que c’est ouvert à Paris. Un des abonnés de la page qui avait mal noté le jour d’ouverture me dit qu’il vient d’essayer et que c’est plein, il est sur liste d’attente. (!!)

Lundi 11 Juillet.

Je remplis soigneusement mon dossier, il est bien précisé en gras souligné que tout dossier incomplet ne sera pas traité. Je scanne le document de transfert, afin de l’envoyer à Rennes pour qu’ils me le tamponnent, voyez donc ci dessous  :

Fiche_transfert Paris

On est bien OK que je dois renvoyer ce document POUR / AVANT de valider mon inscription à Paris, muh. J’envoie donc ce formulairatamponner par mail, soyons modernes, à Rennes.

Réponse (rapide, de ce côté RAS) :

« Veuillez suivre ici la procédure de transfert : avec un lien qui va bien ». Donc pour faire transférer mon dossier depuis Rennes vers ailleurs, je dois télécharger une fiche de transfert, la faire signer à Paris, et la renvoyer à Rennes.

formulaire_de_demande_de_transfert-1_01rennes

Sauf que le tampon de Paris consiste à tamponner … QUE JE SUIS BIEN INSCRITE CHEZ EUX. Sauf que je peux pas m’inscrire chez eux si j’ai pas le tampon de Rennes sur le document de Paris. Mais pour avoir le tampon de Rennes, je dois avoir le tampon de Paris sur le document de Rennes, vous me suivez? Ahahahaha. C’est un test? Nan, allez, c’est un test?

Bon, en  vrai, écrit un peu plus bas sur la page de Rennes, ils disent que le formulaire transfert « arrivée » peut être utilisé pour le transfert et pas leur formulaire « départ ». J’ai donc espoir d’être inscrite avant de devenir folle.

En même temps, je dois pas être la première élève à faire transférer mon dossier.

Et en même temps, eh bin tant que c’est pas fait, je me réjouis pas trop vite.

 

Bilan _ L1 Psychologie au SUED de Rennes #2

Voici la mise en place et l’évolution de mes méthodes de travail. Il y a une première partie à ce bilan ici. Même mise en garde : c’est la technique personnelle que j’ai appliquée cette année, qui correspond à ma façon d’apprendre, elle n’est absolument pas universelle!

La majorité des cours sont reçus au format papier, en plus d’être disponibles en ligne. Il est important de bien checker en début d’année ce qui est uniquement en ligne, parce que découvrir une nouvelle partie de cours 15 jours avant les exams, ça ajoute un peu de panique absolument superflue.

A la réception de mes cours, j’ai commencé par les lire, avec un fluo. Et à les fluoter, donc.

Sachant que j’attaquais plusieurs cours en parallèle, je mettais parfois 15 jours- 3 semaines entre deux sessions, et du coup j’oubliais d’un coup sur l’autre absolument tout ce que j’avais lu et fluoté.

Du coup je me suis mise à faire direct des fiches bristol. Souci de la fiche bristol, je la remplis pour écrire (cf mémoire kinesthésique), pas pour relire, c’est donc imbuvable ensuite, et illisible. (Et en plus, un certain nombre de matières demandent du par coeur et des termes précis, exit donc la fiche qui résume).

Force était de constater, l’efficacité était moyenne.

Je me suis donc penchée sur les outils en ligne. Un module d’exercices en ligne de stats existe à rennes 2, pour moi cela a été extrêmement bénéfique, le cours théorique était… trop théorique à mon goût. Exercices et annales, ça a été le combo de révisions gagnant sur cette matière.

Et puis je suis tombée sur CEREGO.

Cerego 2

Mes « items » (= trucs à retenir) sur le cours sur la vision que j’ai saisi. J’ai plein de « fading memories », à savoir de révisions à faire car cerego calcule que je suis en train de les oublier (eh oui, pas révisé depuis les partiels, normal!)

C’est en anglais, ne pas se laisser rebuter. On saisit nos propres quizzes, schémas, textes à trous (et là, déjà, ça oblige à réflechir à nos cours…), et Cerego se charge de calculer la fréquence idéale pour réviser, et nous envoie des emails pour nous rappeler de venir faire les quizzes!!

Cerego 1

Exemple de schéma à compléter. (toujours la vision!)

Ça n’est pas idéal pour toutes les matières, mais les schémas, les textes à trous pour retenir dates et noms (la corvée, en ce qui me concerne) sont très bien pour affronter les QCM qui nécessitent un par coeur absolu.

Si vous souhaitez, envoyez moi un MP ou un commentaire ci dessous, et je vous envoie le lien vers les quizz que j’ai faits cette année, je ne vais pas les supprimer. Elle est pas belle la vie? Sachez cependant que c’est plus difficile de travailler sur les quizz de quelqu’un d’autre, la logique est toute personnelle…

Et enfin LA ressource la plus importante de cette année : la page Facebook des L1 psycho du SUED, et le forum mis en place par l’une d’entre nous en cours d’année. On s’explique et on s’entraide,on organise des révisions, on partage des supports, des vidéos qu’on a trouvées et qui nous aident à capter certains cours difficiles…et on se soutient lors des coups de mou!

Et vous, quelles ont été vos ressources pour travailler cette année?

 

Bilan _ L1 Psychologie au SUED de Rennes #1

En période de révision, compliqué de prendre le temps de rédiger des billets…Mais les partiels de première année sont désormais passés, et je peux aujourd’hui faire un bilan de cette première année d’étude en psychologie.

Déjà, année est un bien grand mot, à recevoir les cours en Novembre et passer les partiels en Avril, l’année dure finalement plutôt 6 mois. Et c’est important à savoir quand on se lance dans les apprentissages ! J’ai déjà commencé à récupérer les cours de l’année prochaine, et je compte m’y mettre dès Juillet, afin d’étaler un peu plus les révisions.

Ensuite, globalement, c’est un bilan tout à fait positif, le cursus m’intéresse, j’ai fait de jolies rencontres humaines, et, donc, je passe en année supérieure avec des notes extrêmement honorables, à savoir 15.8 de moyenne sur l’année.

Je ne sais pas trop sous quel angle aborder cette rétrospective, probablement temporel pour commencer.. c’ est primordial quand on apprend seul et qu’on a pas de cours régulier pour savoir où on est par rapport au programme… et parce qu’à distance, c’est la vraie vie, donc y’a des périodes charrette avec le boulot, les enfants, des périodes de fatigue où on a moins envie de bosser, de l’inattendu… bref comme on est pas que étudiant, la dimension temporelle prend une place prépondérante.

Le retour ci-dessus ne concerne que moi, toutes les vies persos et pros des étudiants à distance sont différentes, et les implications dans la formation aussi !!

Pour vous donner un ordre d’idée, j’ai 3 enfants à temps partiel (famille recompo), un job à temps plein 40h/semaine (MAIS beaucoup de congés payés, et une grande souplesse pour les poser, ça m’a bien aidé), et des activités extra pros. Et il était hors de question que je renonce à un de ces aspects cette année, tous vitaux ! Soit j’arrivais à y intégrer une reprise d’études à distance dans ces conditions, quitte à passer chaque année en deux ans, et c’était très bien, soit je n’y arrivais pas, et tant pis.

Autre aspect intra-individuel : j’ai vraiment des facilités d’apprentissage et de mémorisation (même si je ne savais pas ce qu’il en restait à ce jour), je n’ai par exemple jamais vraiment révisé pour mes examens, pas plus le bac que les suivants… et je metabosse. Cad que je sais comment optimiser mes apprentissages (et j’ai également eu besoin à un moment de trouver d’autres techniques pour apprendre plus vite !) J’ai une mémoire visuelle en premier lieu (donc des kilos de papier ne me font pas peur, bien moins que des heures d’écoute ou de vidéo!), et kinesthésique, cad que je retiens aussi en écrivant. (mais pas en relisant ce que j’écris, ce qui est heureux, parce que j’écris comme une patate.)

Je pense avoir bossé en moyenne 3 à 5 heures par semaine. Avec des semaines à 0 heure (mais peu, et surtout vers la fin) et une semaine de stimulation de la mémoire à court terme +++, à mon avis une semaine à 30h :), celle des partiels, ou, entre chaque partiel, je révisais la matière suivante.

Le rythme de croisière trouvé en cours d’année donnait  : deux séances d’une heure de révision sur l’heure de midi, via des outils informatiques, ou du saupoudrage quand j’avais le temps de mini quizzes (toujours merci les outils informatiques) et une demie journée du WE où je m’enfermais et je bossais un cours à fond (lecture, déchiffrage, et fichage au format quizz ou texte à trou).

Octobre – Novembre :

A réception des cours papier et connexion possible à l’espace de cours en ligne (Cursus), certains ont été affolés par la quantité d’information à ingurgiter, et ne savaient pas par quel bout commencer.

Respirer, trier, ranger, éventuellement survoler les cours (ne pas hésiter par commencer par ceux qui semblent le plus intéressant, sinon on laisse le tout de côté et on y revient pas !), demander de l’aide, se faire rassurer et aller jeter un œil sur le programme des étudiant assidus pour se rendre compte de la progression des cours.

La page facebook des L1 du SUED ou les topics des fora de la plateforme d’apprentissage en ligne m’ont permis, en fonction des questions posées de m’alerter sur l’avancement des autres (« oh là là mais j’ai pas lu ça, moi, de quoi parlent-ils ? »), ça a un côté stressant, et d’un autre côté, ça met bien un coup de pied au fu pour se replonger dans les cours…

Pour moi c’était une période assez enthousiasmante. J’avais mis pas mal d’espoir de révisions sur les vacances, mais avec des enfants à la maison, je me suis vite rendu compte que c’est difficile (« Mamaaaaaaaaaan, il est où mon kimono-aaan? »). Il faut vraiment réussir à se bloquer des plages de temps, certaines matières demandant plus de concentration que d’autres…

Décembre : Bah c’est Noel, et à part fêter Noel en famille (et en plus en ce qui concerne mon taf c’est LA grosse période de bourre), on a pas envie de bosser.

Janvier :

Peu après les vacances de Noël, on reçoit les cours du semestre 2. Et là, c’est un peu la panique quand il reste beaucoup de révisions du semestre 1, voire de cours pas encore ouverts, gloups…Du coup ça réveille bien, parce que bon, le redémarrage après avoir levé le pied pendant les fêtes peut être poussif…

En général c’est l’occasion de faire un nouveau retro planning de révision, moins ambitieux que le premier…Le second semestre passe très vite, à Rennes, nous avons passé les partiels du premier et du second semestre en Avril (beaucoup de volume en une fois, donc).

Du coup, en Mars-Avril, il y a également toute la partie organisation pour ceux qui n’habitent pas sur place. Les dates d’examens précises sont données très tard (3 semaines avant le début des partiels), étalées sur deux semaines et demi cette année, ça n’est vraiment pas simple pour les salariés face à leurs employeurs.

C’est aussi la période où on commence à faire des stratégies… est-ce qu’on fait des impasses, est-ce qu’on laisse des matières de côté qu’on passera aux rattrapages ? Est-ce qu’on ne se mettrait pas à attaquer les annales plutôt que bosser les cours? Évidemment l’idéal est de tout travailler dans les temps, mais c’est vraiment TRES TRES compliqué.

Je vous fais un topo plus précis sur les outils et ressources que j’ai utilisés cette année dans un second billet à venir.

Je crois que je croîs.

J’ai cet article en tête depuis quelques semaines, mais ce jour me semble parfait pour le publier.

dog-734689_960_720Je vais te parler… grammaire et orthographe.

J’ai grandi à une époque où le BLED et le Bescherelle étaient les sacro saints supports d’apprentissage. Le mec qui ne maîtrisait pas grammaire et orthographe, il était soit dyslexique, soit étranger, soit idiot.  Discriminé et moqué dans les deux derniers cas, et aussi dans le premier, au moins jusqu’à ce qu’on le tamponne dys-. Et j’ai grandi avec ça. Avec l’idée que les règles de grammaire, de syntaxe et d’orthographe sont faites pour être respectées, coûte que coûte, au prix de ta vie, et que si tu ne les maîtrises pas, tu es un être inférieur voué aux sous-métiers (du genre de ceux que tu ne choisis pas).

Bon, la maternité (aka les corrections et lectures des devoirs de mes enfants et de leurs camarades) couplée aux échanges de mails quasi quotidiens avec des personnes nées après 1990 avait déjà nuancé cette prise de position.

Par la suite (je te le fais en version chronologique), une discussion enflammée et alcoolisée du printemps dernier avait révélé chez moi une toute nouvelle indulgence et acceptation pour ces règles malmenées à l’usage quotidien d’une majorité de nos concitoyens, et surtout, regardons l’avenir en face, futurs concitoyens. Ainsi qu’un léger paradoxe, car cette indulgence ne m’empêche pas de garder une forme de préjugé bien implanté à la lecture de français non réglementaire, ni de pousser au cul de mes enfants pour qu’ils connaissent et comprennent ces règles, à défaut de choisir de les utiliser.

Bref, j’étais mûre à point pour aborder à la rentrée de Septembre les « Sciences du langage », mais je ne le savais pas encore. (En fait, l’intitulé exact est « Introduction aux Sciences du langage », le truc qui t’oblige à rester humble jusqu’à la fin de tes jours.)

Double claque que ce cours.

D’abord, parce qu’à part la thermodynamique en 1996, je n’avais jamais été confrontée à l’incompréhension la plus totale. Les mots faisaient sens, séparément, mais les concepts que ces mots créaient une fois collés tous ensemble me paraissent d’une opacité… euh obscure. (tu notes la richesse du langage?)

C’était bien écrit dans les premières pages (je résume et traduis) : vous allez galérer, mais accrochez vous, au bout de quelques mois, vous finirez ptet par comprendre de quoi ça s’agit. Heureusement. Parce que moi à la première lecture j’étais entre le « gné? » et le « blah, blah, blaaaah ». Toujours un fond de « blah blah blah »/enculage de mouches à ce jour, mais cette matière est coeff 6 (c’est beaucoup), il faut donc bien que je m’y accroche.

Et…effectivement, au bout de la 4è ou 5è lecture (accompagnée d’un assoupissement, souvent), j’ai commencé à capter. Et même, même (truc de foufou)! à un moment, j’ai été captivée par ce que je lisais.

Bon, à mon avis, même s’il s’en défend un peu, c’était la partie la plus engagée et subjective de son cours (c’est un avis personnel). Il n’en est pas moins que c’est la partie qui a le plus résonné. Elle concerne ce qui va, je le parie, occuper Facebook, et encore plus Twitter toute la journée : « Bien ou mal, débile ou sensé, la disparition de l’accent circonflexe? »

Et là, je vous le donne en mille, la réponse est la réponse à 90% des questions soulevées par les Sciences molles (tain, j’avais dit que j’arrêtais avec les sciences « molles », pardon), à savoir : « Nan, mais là, la question est mal formulée, on peut pas répondre à ça », ce à quoi j’ajouterai : « Bin oui, on ne se place pas dans un angle de bien ou mal » (ceci dit, ça c’est ma phrase fétiche à moi, putain, mon ADN est celui d’une scientifique molle, c’est mon essence, aaaargh!!!).

Mais c’est le cas. Le linguiste, qui va être consulté à titre d’expert (allez, on regarde les journaux télévisés ce soir??? on parie qu’ils trouvent des experts sur TF1, Antenne 2 et le petite journal?) pour dire *retire sa pipe, regarde par dessus ses lunettes demi-lune* : « mmmmmm, je pense que c’est le bien/le mal », n’a absolument pas vocation à être prescripteur d’un « bon » français versus un « mauvais » français. Parce que ça n’est pas son job! Il n’est pas dans le jugement, subjectif par définition, il est dans l’observation, et le sens que prend son observation dans tel ou tel cadre.

Je me permets ici de citer le cours pour mes amis conservateurs dans tous les sens du terme avec qui j’ai eu ou commencé ce débat (ils sont au moins deux, et c’est amusant car j’ai un peu le même type de relation avec les deux, je sens une profonde résonance sur la bienveillance et les envies de base, et un complet désaccord sur les valeurs « applicatives » qui en découlent, bref, fin de la parenthèse) :

 « Les thèmes du purisme sont le déclin, la dégénérescence, voire la mort de la langue, la contamination, la perte de la pureté et de l’identité. Cette énumération le montre, il s’agit d’une attitude normative, qui repose sur un modèle unitaire et fortement sélectif de la langue, il est difficile, également, de ne pas y voir une manifestation de la peur, de l’angoisse de la perte. »

Oh putain, il met le doigt dessus, le bougre (mais peut être est-ce son métier? ah oui, ça l’est)

Abordons tout de suite cette notion de « faute ». Dès que l’on s’éloigne du français enseigné, pour nous, c’est une incorrection, une « faute de français ». Or, et il suffit d’entendre les « fautes » d’enfants lorsqu’ils construisent des phrases très précisément selon les règles qu’ils intègrent, au fur et à mesure qu’ils les intègrent : T’as croyé? il a pleuvu?, il ne s’agit pas tant d’une faute de construction qu’une méconnaissance d’une exception, ou d’un référentiel/cadre différent qui est au contraire tout à fait respecté, simplement dans un système différent du standard utilisé. Fautif vient qualifier ou disqualifier, replacer dans le cadre vient… replacer dans le cadre et enlève tout jugement de valeur. L’activité scientifique s’intéresse à la réalité telle qu’elle est, pas telle qu’on voudrait qu’elle soit.

Petit aparté. Ce raisonnement peut venir s’appliquer à tous nos schémas de communication, combien d’entre nous passons du temps à répéter à nos enfants que « différent » ne veut pas dire « mauvais », mais simplement « différent ». Et que les problèmes soulevés par la friction des différences pourraient être résolus, d’un côté comme de l’autre, par la compréhension de l’origine de cette différence. Ou de sa simple acceptation  sans compréhension (j’ai découvert récemment que tout le monde n’a pas toujours envie de creuser).

Et ça, c’était déjà une sacrée baffe. Mais c’était pas fini.

Ensuite, le cours aborde tout ça (toussa) sous les angles politique et historique, angles totalement absents de ma réflexion jusque présent (ou de mon absence de réflexion, devrais-je dire, puisque je ne faisais qu’appliquer une forme de conditionnement à la fois scolaire et familial (famille de profs, de lecteurs assidus et d’écrivaillons) : c’est correct versus c’est incorrect (et blâmable, ou inférieur).

Parlons grammaire scolaire, parce que c’est bien de cela qu’il s’agit avec ce circonflexe qui s’agite. (ça gîte?)

Le but de la grammaire scolaire est la standardisation : elle dit ce qu’est la norme. Cela peut par exemple amener à privilégier un usage au détriment d’un autre…même si ce dernier est plus répandu, parce que c’est la prescription, c’est ainsi que ça se dit/écrit. Elle est également fortement reliée à l’écrit : à l’oral ne pas mettre un « s » au pluriel ne change rien, et ne donne pas d’indication de grammaticalité (ce n’est pas avec ce « s » qu’on sait que le locuteur parle au pluriel) : elle n’a donc pas d’utilité de compréhension… alors à quoi sert-elle?

Eh bien, elle est politique. (c’est là que le gars il va dans le subjectif, je crois, mais j’adhère assez à son discours et à sa démonstration) Il évoque le breton, complètement perdu par la génération de mes parents, parce qu’à l’école, mes grands parents avaient interdiction de le parler et ne l’ont pas légué à leurs enfants. (On en parle, de la perte?) Le but était de gommer les particularismes régionaux pour faire des élèves des « citoyens de la république Française ».

Et il finit sur la citation du traducteur André Markowicz  : la grammaire scolaire, c’est

« aussi politique. C’est un certain point de vue sur la grammaire, j’appellerais ça un point de vue classe… dans tous les sens du terme? je veux dire, c’est la langue du pouvoir. En gros, on apprend aux gosses les rudiments de la langue du pouvoir. »

Maintenant, je repense à mes préjugés qui commencent à se faire la malle, je pense à tous ces gens à qui on jette la pierre parce qu’ils font « pas d’effort d’intégration », et sur les origines du côté un peu jouissif de la maîtrise d’une langue (certes j’aime jouer avec les mots, il y a le côté contrôle, le côté langage secret, mais oui, soyons honnête, j’ai toujours ce petit relent de supériorité quand je repère une « faute » d’orthographe ou de grammaire).

Bref, ça a pas fini de décanter, mais ce qui est sûr, c’est que là, aujourd’hui, au lieu de pousser des cris d’orfraie, comme je pouvais le faire, avant à chaque réforme de l’orthographe (oui, mais ça, c’était avant), bah j’ai envie d’aller creuser et comprendre… c’est grave docteur?

Je vous le dis, je crois que je me transforme en scientifique molle.

EDIT : A la lecture de tous les commentaires et contre commentaires et de l’encre que fait couler cette « réforme », avant la prochaine, j’ai envie d’ajouter cette somptueuse phrase de fin :

« Quand on voit ce qu’on voit, qu’on entend ce qu’on entend, bin je me dis qu’on a raison de penser ce qu’on pense ».

Tronche de cake.

Ou « charisme et communication non verbale. »

Enfant, puis adolescente, j’ai été confrontée assez rapidement au fait que la plupart des gens m’ayant croisée une fois ou deux me catégorisaient de manière surprenante dans deux catégories strictement opposées : la blonde froide, glaciale et condescendante, ou la fofolle rigolarde. Ce qui était plutôt perturbant, et pas très pratique, puisqu’il y avait systématiquement méprise sur mes intentions/sentiments. (je m’estime globalement assez équilibrée, en tous cas ni dans l’une ni dans l’autre de ces catégories, et aux dernières nouvelles, je ne suis pas bipolaire.)

J’ai depuis ajouté un troisième personnage à la palette, pas vraiment consciemment, d’ailleurs, je pense que je me suis adaptée, de fait, par apprentissage. Cette autre posture génère habituellement un sentiment neutre-sympathique avec un très léger sentiment de supériorité chez mon interlocuteur, posture qui s’avère fort utile quand comme moi, on aime qu’on vous foute la paix. On ne me demande rien, on n’attend rien de moi, et on m’oublie assez vite. Parfait, je vous dis. (En pratique, il consiste à sourire, à poser des questions, et à rester en léger retrait. Ce qui, somme toute, correspond globalement à mon état d’esprit face au monde. )

En revanche, aucune de ces catégorisations n’est un vrai avantage, un vrai outil dans les interactions avec « les gens ». Aucune ne m’accorde de traitement de faveur, aucune ne me permet de faire passer mes idées, mes convictions, aucune n’est réellement utile quand je dois rentrer en négociation. Il est heureux que je ne sois ni femme politique, ni commerciale. Soyons honnête, j’ai un charisme de moule. ( ….à l’oral, à l’écrit, je vous accorde, on adhère plus.) Fondamentalement, je ne le vis pas particulièrement mal, c’est juste que c’est pas pratique.

Et c’est encore plus flagrant quand je me compare à l’autre moitié de mon couple, qui est la personne au capital sympathie le plus élevé que je connaisse. C’est donc grâce à lui qu’ont été négociés tous les rabais, avantages, et autres contreparties de notre logistique quotidienne, qu’il s’agisse de construire notre maison, négocier des prêts, vendre des objets… s’il avait fallu compter seulement sur moi, baaaah je paierai tout plein pot. C’est également grâce à lui que nous créons des liens nouveaux et des cercles d’amis (et tant mieux pour lui, il semble que notre fils ait hérité de son capital sympathie plutôt que du mien).

Mon cours intéressant du moment a trait au lien entre charisme et communication non verbale. Quelques éléments d’explication à suivre, donc!

Glenn Close, elle aussi victime du syndrome de la tronche de pimbêche.

Bon, déjà, soyons clairs, de base, la génétique n’a pas été sympa avec tout le monde, tous les visages ne transmettent pas les mêmes émotions, le mien, de base, est quand même une tronche de pimbêche. La bouche pincée, les yeux qui froncent (merci la myopie) qui donne une impression de regard scrutateur, et un certain désintérêt pour les conventions sociales, qui fai(sai)t que quand y’a pas lieu de sourire, bin je souris pas, et quand je n’éprouve pas une émotion, bin je ne fais pas semblant de l’éprouver. Je le mets à l’imparfait, parce que j’ai constaté que ce qui fait la bascule entre pimbêche et neutre-sympa, c’est simplement le sourire. Du coup, de base, je souris. (Allez, Nelly Olson, lâche un sourire, lâche un sourire !) Ce qui parfois renvoie une image un peu mièvre, mais je préfère être perçue comme niaiseuse que comme une pimbêche, à choisir.

Ensuite, ce qui est « jugé » c’est la cohérence entre verbal et non verbal. L’expressivité générale du visage, aussi, la capacité à transmettre ses émotions. Je pense que j’ai aussi assez peu d’expressions faciales en face d’inconnus. Ça n’est pas volontaire non plus. Avec la meilleure volonté du monde, un inconnu va générer chez moi une curiosité et une bienveillance légère, de base. Mais rarement plus, il faut bien l’avouer.

Ensuite, la voix… Ma voix est nasillarde, peu assurée. C’est pas tant que moi je n’ai pas confiance, ça, ça va à peu près, normal quoi. En revanche, je ne sais jamais ce qui va sortir de ma bouche.

Je ne sais pas parler.

Si, aux enfants, aux vieux, aux amis, à ma famille. Là je maîtrise la communication verbale.

Pour tout le reste, quelle épreuve !!!

Ecrire un texte, c’est facile. Pas d’interaction parasite. C’est clair dans ma tête, je le pose, je mets un point final, je publie.

Même faire un cours ne l’est pas autant, expliquer quelque chose, à partir du moment où on porte attention à l’autre, on perçoit le non verbal. Incompréhension, ennui. Dans le cadre d’un cours, j’arrive encore à le gérer. Parce que l’intention de la personne en face est simple : comprendre. (Alors précision non négligeable, quand j’enseigne, c’est à des adultes, qui ont choisi de venir à mon cours. Pas la techno à des 4è)

Mais une discussion. Pire du pire : une discussion avec un inconnu, personne dont je ne sais rien, tous les éléments m’arrivent en même temps et se télescopent.

En général, quelqu’un finit par s’apercevoir de ma présence, et par politesse, voire réel intérêt, finit par me poser une question (aaaah non, au secours !!), je commence par répondre spontanément, automatiquement à la question explicite, mais en cours de phrase, je ressens éventuellement que l’intention est autre (avec les possibilités que : l’intention ne soit juste pas exprimée, ça, ça va, mais les fois il y a réelle volonté de ne pas l’exprimer, je sais pas quoi en foutre, puisque je perçois aussi la volonté de ne pas admettre l’intention, ou le pire du pire, je trouve quand on ressent un élément sous jacent dont l’autre n’est pas conscient. Vlà le bordel. ), du coup j’adapte ma réponse, mais en cours de route. Et puis, je me dis merde il manque un élément de contexte, alors je m’arrête une nouvelle fois et je place des éléments de contexte, qui me font d’ailleurs penser à autre chose au moment où je les dis, alors j’auto-rebondis sur ma phrase… en cours de phrase. Des fois, je me dis merde mon interlocuteur pourrait mal interpréter ce que je dis, du coup je reformule, toujours en cours de phrase. Et là, je perçois que je commence (évidemment) à saouler mon interlocuteur qui capte que couic. Alors soit je m’arrête, je reprends du début, soit je veux lui expliquer tout ça, mais ça sort dans le désordre, c’est encore plus le bordel, soit je suis gênée, je bafouille un truc et je me casse pour éviter cette situation pénible, soit, s’il est là, je regarde ma moitié d’un air désespéré, et il n’est que trop heureux de faire le héros en venant à ma rescousse. Surtout que lui, causer, c’est son truc.

Bref, je suis la spécialiste des explications vaseuses, et des phrases commencées et pas finies, (alors que dans ma tête c’est d’une clarté limpide, l’intérieur de ma tête si on pouvait le voir, serait à mon avis le placard à chaussures de Monica Geller). Les moments les plus pénibles de ma vie sont de fait les exercices sociaux : repas professionnels, mariages de connaissances, sorties d’école (au moins, les deux premiers, on peut y boire de l’alcool).

Et on comprend aussi mon charisme de moule : peu d’émotions positives transmises, visage naturellement austère, impression de non assurance quand j’ouvre la bouche, et fuite des relations sociales superficielles ou de groupe. (et je ne parle pas de ma posture, avec les épaules qui ont tendance à  s’abaisser !) (CQFD : Mais souris, donc, Nelly Olson !!!)

Mon compagnon, c’est l’inverse. A peine ressenti que c’est ressorti. Hyper expressif. De grands sourires, de grands rires, de grands gestes. Toute émotion est assumée. La répartie, la réplique parfaite qui fait rire au bon moment, il dit ce qu’il pense, et pas ce qu’il pense que la personne en face de lui pense au moment où il l’exprime (enfin, je me comprends)…Et puis s’il se plante, bah c’est pas grave, la vulnérabilité aussi est assumée. Du coup, il est terriblement et génialement humain, il le porte sur lui, et chacun peut se retrouver en lui. D’où connexion, d’où sympathie, etc.

Barf. Disons qu’à nous deux, on a un charisme normal.

La vérité est ailleurs #1 – Le pigeon missile

« _ Hey Mulder ?

_ Oui, Scully ?

_ Regarde, j’ai été à mon cours de Bollywood hier, t’as vu ce que je sais faire avec ma tête, ce mouvement latéral, comme je l’ai bien chopé ?? hein ?

_ Ah ouais, c’est pas mal, on dirait du… aaaaaaah, c’est quoi ça ? Protège toi la tête !

_ Il pleut … du…. quinoa ???

_ Oh super, trop bon.

_ Dis donc, c’est bizarre quand même.

_ Ouais t’étais en train de faire ça avec ta tête, et …aaaaaaah, en voilà d’autre !!!

_ Dingue. Je crois que c’est du boulghour, ce coup ci.

_ Comment c’est possible ?

_ Tu crois que ça a un lien avec le mouvement de tête ?

_ Quel mouvement, ça ? haaaaan !!! ! »

Plus tard, dans le bureau de Skinner.

Skinner _ « Hey, les gars, vous avez pas une petite dalle ?

Mulder et Scully _ Yepe, on a faim !

Skinner _ Oh là là, mais vous me faites quoi, là, les gars ?  (regardant Mulder et Scully remuer frénétiquement la tête).

Mulder et Scully _ Mais chef, quand on bouge la tête, ça active des ondes teta gamma, captées par des extraterrestres, et du coup les aliens nous jettent de la nourriture depuis leurs vaisseaux basés dans l’hyperespace, vous allez voir. »

Naaaaaan, je déconne, ça c’est la partie que je romance, en fait Mulder et Scully ne peuvent pas répondre à Skinner. Parce que Mulder et Scully sont deux pigeons dont j’ai inventé le nom, et Skinner est un chercheur en psychologie américain, et lui en revanche c’est son vrai nom.

Et là, à l’instant, en 1947, il vient de développer la superstition chez le pigeon, théorie enseignée dans le cursus de psychologie en 2015, donc.

Mais ce pigeonphobe, (ou pigeonphile d’ailleurs, je ne peux pas encore dire, je ne suis pas allée si loin dans les fétichisme/obession/pathologie du pigeon), ne s’arrêtera pas là, il va aussi par exemple les faire jouer au ping pong, ou encore extorquer 25 000$ aux militaires américains pour un projet de missile dirigé par ses pigeons dressés, projet appelé, tenez vous bien : « le projet pigeon ».

Je vous assure que j’ai parfois l’impression de voyager dans la 4è dimension.

Mais revenons à nos moutons : par quel mécanisme Mulder et Scully sont-ils devenus ces si crédules individus, puisque c’est tout l’objet de cet article?

Repartons au milieu du siècle dernier.

A l’époque, Pavlov a déjà découvert le conditionnement dit « classique » (involontaire, le stimulus est extérieur) depuis quelques décennies, je pense que vous l’avez tous, avec le chien qui salive, toussa.

Skinner va, lui, travailler sur le conditionnement « opérant » (volontaire, c’est une action de l’animal qui va provoquer une réponse).

Il ressemble à Cortex, en humain.

Le mécanisme qui soutient l’apprentissage (de traviole) de Mulder et Scully est donc ce conditionnement opérant. Ils ont « appris » qu’en faisant des mouvements de tête de côté (action), ils obtiennent de la nourriture (renforcement positif). Ils l’ont appris parce que cela a eu lieu plusieurs fois (répétition), et de manière quasi-instantanée (contiguïté temporelle). Alors qu’en fait, Skinner avait simplement réglé le distributeur de nourriture de manière à ce qu’il délivre de la nourriture à intervalles réguliers, et non pas de manière conditionnelle. La contiguité temporelle les a induits en erreur. Un peu comme un champion de tennis persuadé que depuis qu’il mange sans gluten, il gagne tous ses matches.

Selon les animaux, il faut répéter plus ou moins avant d’avoir un conditionnement optimum. Si le renforcement est la procédure qui fait augmenter la probabilité de reproduction du comportement, la punition est ce qui la fait diminuer (par exemple nettoyer un vomi d’enfant à 4h du matin prévient les rapports sexuels non protégés).

Et l’adjectif positif s’applique à ce qui opère par ajout d’un stimulus (pluie de quinoa) et négatif par un retrait de stimulus (pas de bras, pas de chocolat).

Sinon, pour de vrai, Mulder et Scully reprennent du service pour 6 épisodes…

La positive attitude.

Si vous n’avez pas la référence (parce que vous êtes honteusement trop jeunes), voilà, de rien, c’est cadeau, vous allez voir, Lorie ça reste dans la tête au moins 24 heures.

Sur ce, venons-en à notre sujet.

J’ai commencé à bosser sur les différents cours de mon année, j’ai pris connaissance de tous les contenus.

De bonnes surprises (l’anglais, mais merde j’ai demandé à être dispensée) ou des gloups (sciences du langage, et merde je ne suis pas dispensée) pour les matières annexes, et finalement, une confirmation de mes pressentiments quant aux matières principales (à savoir que là où ça rejoint la biologie je kiffe, quand ça part vers la sociologie, je meurs).

En gros, tout ce qui est sciences, biologie, anatomie, maths, stats, ça rentre comme dans du beurre. Mais dès qu’on part dans les matières à théories, contre théories, jonglages de concepts et idées, au bout de quelques pages, je lâche. Je ne fais pas exprès, mon cerveau se barre ailleurs tout seul. Un bon indice du degré de rebutage à la lecture serait la présence en introduction de la revendication «il y a un cliché qui oppose sciences dures et sciences molles, et qui amoindrirait la scientificité des sciences humaines, alors que non, pas du tout, c’est vraiment n’importe quoi , bordel» (peu ou prou, mais le fond reste le même).

Voilà.

Ces matières là. Celles où en lisant le cours, un slide sur 3, j’ai un perplexe « mais des gens ont vraiment été payés pour faire des recherches là dessus ?» qui me vient tout seul en tête (ou un espèce de néon « Warning : branlette de cerveau !!» qui se mettrait à clignoter. Intérieurement. Allez, je suis sûre que tu vois de quoi je parle). (A ce sujet, connaissez-vous le site « Improbable research » qui recense les sujets d’études les plus invraisemblables/loufoques ? C’est une mine !)

Prenons un exemple : je suis sûre que dans mes cours, il y a une théorie qui explique que ce clivage entre les matières où j’ai du mal et celles où j’ai moins de mal est un biais (appelons le « le biais de la matière WTF ») et que c’est parce que quelque part au fond de moi j’avais un a priori sur les sciences molles, et que je campe sur mes positions ou que j’alimente cette croyance (et en vrai, même plus trop, puisque je veux en faire mon métier, va bien falloir que ma vision évolue sur le sujet, vers les sciences demi-molles par exemple ?) (Pardon, elle s’excuse, mais je ne pouvais pas ne pas la faire.) Mais je suis sûre aussi qu’on peut trouver une théorie qui prouve le contraire, et c’est là que les sciences humaines, selon mon expérience, se rapprochent de la comptabilité.

Tu vois, par exemple quand les cases dans lesquelles tu ranges tes chiffres, fluctuent selon tes buts : calculer la valeur d’une entreprise selon que la valeur va servir à calculer l’impôt sur les sociétés, ou à calculer les dividendes des actionnaires.

(Et voilà, c’est tout pareil, bienvenue dans le monde merveilleux des sciences humaines.)

(Comme dirait mon fils de 10 ans, mais Maman, j’ai plein de pensées contradictoires, ça m’énerve !) (Et bin bienvenue chez les humains, mon fils)

Regarde, je te montre :

D’abord, mon a priori a une vraie dénomination en psychologie sociale, il s’appelle une attitude. Qui a décidé que ça s’appellerait attitude et pourquoi, ne me demande pas, dans la vraie vie, attitude, ça sous tend une action, une parole, et bin là non, une attitude, c’est de la pensée pure, en quelque sorte ton opinion sur un sujet donné, ça aurait bien pu s’appeler fourchette. Elle ne s’observe pas directement, on ne voit pas dans mon esprit tout le bien que je pense de la branlette de cerveau inutile, en revanche, on observe les conséquences/manifestations de cette attitude (genre écrire « branlette de cerveau » dans un billet). Une attitude est forcément polarisée : genre j’aime/j’aime pas, classe/pas classe, attirance/répulsion, caca/super, enfin tu vois l’idée.

L’attitude neutre n’existe pas, juste si je n’avais pas d’avis sur les sciences molles (allez c’est la dernière fois que je l’écris), eh bien je n’aurais pas d’attitude, c’est tout. (Ah pardon, j’ai deux cours sur l’attitude et dans l’un on dit ça n’existe pas l’attitude neutre, y’a forcément une polarisation, sinon c’est absence d’attitude, et dans l’autre ça dit, quand y’a pas d’orientation, on dit qu’elle existe, mais que du coup ça serait une attitude neutre. Pour te dire comment c’est super important de trancher là-dessus, quoi. Tiens ??? allumage en cours du néon « branlette de cerveau »…)

L’être humain étant l’amalgame de paradoxes que l’on sait, eh bien les attitudes ne sont pas forcément de bons prédicteurs du comportement. Ça serait trop facile ! Par exemple, ta dévouée ci devant appelle branlette de cerveau les sciences molles (et merde, j’avais dit que c’était la dernière fois), mais reprend des études en psychologie, discipline classée dans cette même catégorie.

L’attitude est définie par sa direction, certes, mais aussi par sa force. Plus elle est fortement prédisposée en positif ou négatif, et plus elle va être résistante au changement. (D’où le : j’apprends mes cours et découvre les concepts afférents, ils font sens, mais quand même je continue à trouver que c’est de la branlette de cerveau, MAIS ! ça basculera vraisemblablement un jour, selon une autre loi/théorie, peut être celle de la dissonance cognitive, mais je la garde pour un prochain billet celle-là, n’allons pas trop vite en besogne, à chaque jour suffit son concept nouveau).

Bon après, la simple exposition répétée à un objet (donc, là mon cours de psycho sociale et la notion d’attitude) suffit à susciter une attitude positive : « Nan, mais, avec le temps, ça ira mieux » « Je crois que je vois ». On appelle cela le conditionnement évaluatif. Dans la famille du conditionnement, on trouve par exemple aussi Pavlov, et là j’aurais qu’à manger du chocolat (= renforcement positif) à chaque fois que je retiens une notion de psycho sociale pour favoriser un changement de mon attitude. (Et là je me dis mon optimisme et mes a priori souvent positifs pour un tas de trucs ne viendraient-ils pas simplement des quantités incroyables de chocolat que j’ingurgite??? La question se pose.)

Autre angle : mon a priori/postulat de départ est une heuristique. Heuristique est le mot savant pour « croyance-intuition » avec la nuance cependant de l’origine de cette heuristique : elle ne vient pas de nulle part : c’est le produit de notre expérience. En gros, elle vise à ne pas emmerder le cerveau avec le traitement systématique (aka : réfléchir, qui s’oppose à traitement heuristique, et tavu, heuristique, c’est à la fois un substantif et à la fois un adjectif, si jamais c’était trop simple.). Oui, parce que le cerveau c’est une petite feignasse, et s’il peut, il s’emmerde pas à ré-analyser une situation s’il l’a déjà croisée.

Maintenant, plus on s’implique dans l’objet de l’attitude, plus on est motivés (par exemple moi là j’ai une forte motivation d’exactitude, et ça aussi c’est du terme technique, eh ouais ma bonne dame), plus on a besoin d’avoir confiance dans notre jugement, et plus on a tendance à se mettre à (quand même) réfléchir et intégrer tout ce qu’il y a à intégrer avant d’émettre un jugement, jugement de type «c’est de la branlette de cerveau ».

Mais tout ça ne sont que quelques unes des théories, comme je disais, les théories pullulent et se confirment, s’infirment, changent des notions, les articulent différemment, et en gros, quand t’es grand et que tu sors de l’école, bah tu fais ton marché. (Ou alors tu développes ta propre théorie ? D’ailleurs j’ai trouvé en le lisant que l’opposition système systématique/heuristique résonne avec mon article sur l’intuition!)

Je dois avouer que pour l’instant, j’ai du mal. C’est sympa pour engranger des connaissances, et avoir plein de petits modèles différents dans ta tête… après c’est beaucoup plus compliqué pour les utiliser, et s’en servir de base pour structurer une réflexion ou aborder des concepts plus complexes.

« Mais bon, avec le temps, ça va aller. »